Puy du Fou: « Le Dernier Panache », revanche de la Vendée?

Le Dernier Panache, nouveauté 2016 du Puy du Fou

PUY DU FOU – Grincements des dents des historiens et sujet tabou de l’Histoire de la Révolution Française, les Guerres de Vendée et les insurrections vendéennes sont rarement abordées et peu connues du grand public. Des dizaines de milliers de morts en pleine Révolution Française, il y a de quoi surprendre. C’est ce sujet houleux que le Puy du Fou a choisi pour sa création 2016: le « Dernier Panache ». Retour sur ce pari audacieux et ce tout nouveau spectacle.

 

Un spectacle exceptionnel

« Prenez vos précautions car vous ne pourrez sortir des gradins pendant le spectacle. », prévient une voix-off en préambule. Juste ce qu’il faut pour se poser quelques questions sur ce qui nous attend pour les trente minutes à venir. Le résultat est grandiose. Une tribune de 2400 places qui tourne sur elle-même dans une salle ronde de 7500 mètres carrés avec des plans d’eau et des projections de haut vol. On sait que le Puy du Fou est adepte des grandes mises en scène mais pour le coup, l’équipe technique s’est dépassée. Des comédiens nombreux sur 160 mètres de décors, ça a de quoi vous scotcher au siège. Le sujet choisi n’est pas un hasard, les guerres de Vendée restent une plaie béante de l’Histoire de la Révolution. Reynald Secher s’est penché sur cette période dans son ouvrage « Le génocide franco-français » et la publication a fait un tollé pour la célébration du bicentenaire. Difficile de comprendre comment de tels événements sont restés si bien cachés et absents des livres d’Histoire.

 

Une tâche sur le tableau de la Révolution

Le conflit naît de la révolte des Vendéens menés par Charette face aux réformes de la Commission de Salut Public, notamment dirigée par Robespierre. Non-respect de la foi chrétienne, suppression de privilèges et participation à l’effort de guerre ont eu raison de la ferveur républicaine des Vendéens. La pilule ne passe pas et ils le font savoir. La répression est d’une violence effroyable et on exterminera, en 1794, hommes, femmes, enfants et vieillards de manière systématique. Des hordes de soldats bleus envahissent les marais et brûlent tout sur leur passage, les colonnes infernales du Général Turreau. Le bilan humain est dramatique.

 

Un positionnement clair du scénario

Alors que penser de l’adaptation de ces événements par le Grand Parc du Puy du Fou ? La mise en scène est extraordinaire et le spectateur est littéralement plongé dans la part sombre de la Révolution. On en ressort abasourdi (au même titre qu’après l’attraction des Amoureux de Verdun sur la Grande Guerre d’ailleurs). Cependant, un élément est à mettre en avant, un choix scénaristique : la révolte vendéenne est occultée pour ne laisser que la répression du régime de la Terreur. Ce détail rend l’histoire d’autant plus dramatique et place la Vendée comme victime du drame.

 

La Vendée peut voir dans un Puy du Fou et sa dernière création une revanche culturelle et une vérité plus ou moins rétablie. Je recommande sincèrement ce parc et Le Dernier Panache.

La question se pose toujours sur la terminologie à employer pour parler de ces événements, guerre de Vendée, génocide vendéen ou Crime contre l’Humanité ? Quoi qu’il en soit, si le sujet vous intéresse, je vous invite à visionner cet épisode du magazine l’Ombre d’un Doute : Robespierre, bourreau de la Vendée ?.

 

Crédit photo: Puy du Fou

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