Vu au cinéma: « Mary » de Marc Webb

CINÉMA – Bien que des changements se profilent, les femmes se font encore rares dans les milieux scientifiques, où elles ne représentent que 30% des effectifs en moyenne. Le long métrage « Mary » renverse la table avec non pas une scientifique de renom mais une lignée entière. Petite fille débordante d’énergie, Mary vit avec son oncle depuis le suicide de sa mère. Sa rentrée en CP ne se passe pas tout à fait comme prévu: ses capacités de calcul laissent sa maîtresse bouche bée.
Fille d’une mathématicienne brillante, la petite de 7 ans résout sans sourciller des équations différentielles et des équations à plusieurs inconnues.

Chris Evans tout en tendresse

Si Mckenna Grace qui joue Mary a un rôle intéressant et porte le film sur ses épaules, Chris Evans surprend avec une personnalité et un jeu qu’on lui connait peu.

Le charismatique acteur américain n’est pas un habitué des comédies dramatiques. Sa prestation fait éclore une certaine sensibilité et une approche du père de substitution touchante.

L’homme de 36 ans se révèle dans un beau personnage, entouré d’une amie, l’extravagante Roberta, de sa nièce et d’un chat à un seul œil. Un tableau qui tranche avec ses précédents films comme Snowpiercer, les Avengers ou encore Captain America.

« Excuse-moi, es-tu occupé? Serais-tu intéressé par une chasse d’écureuils avec moi dehors? Ou peut-être pourrais-tu lancer le frisbee? Je n’ai pas de plan aujourd’hui. »

 

Faut-il marginaliser la différence?

Il s’agit de LA question essentielle du film réalisé par Marc Webb. Deux visions s’affrontent sur la démarche à suivre vis-à-vis de la différence. Celle de la grand-mère de Mary motivée par la réussite et l’expression d’un potentiel et celle de l’oncle, à la recherche de la « norme » pour sa protégée. Si le sujet a de nombreuses fois été abordé, le côté touchant des personnages et le jeu de la jeune actrice éponyme donne au scénario une saveur et une belle émotion.

La question est complexe et le film apporte une réponse par le compromis. J’ai apprécié la dimension du rôle des marginaux dans une société et surtout liée à l’enfance (une société à part et plus cruelle encore). Le regard ingénu de Mary sur sa propre condition est assez pragmatique et attendrissant. Seule ombre au tableau (au film en fait): quelques longueurs qui auraient pu être évitées pour rendre le long métrage plus dynamique.

En somme, malgré un sujet sensible, le scénario ne sombre pas, selon moi, dans le sentimentalisme aigu et le tire-larmes. Les salles obscures vous tendent donc les bras…


Crédit photo: Twentieth Century Fox 

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